LE PSYLLIUM

LE PSYLLIUM

Qu’est-ce que le psyllium ?

Qu’il soit blond, rose, brun ou noir, le psyllium appartient à la famille des Plantaginaceae comme le plantain lancéolé ou le grand plantain, deux grandes plantes médicinales.

Le psyllium blond ou rose (Plantago ovata Forssk.), désigné par le terme « d’Ispaghul », est originaire de l’Inde et du Moyen Orient. Tandis que le psyllium brun ou noir (Plantago afra L.), communément appelé « Plantain de Provence » ou « Herbe aux puces », est cultivé sur tout le pourtour du bassin méditerranéen.

Un peu d’histoire

La consommation des petites graines du psyllium date de la nuit des temps. Dans l’Antiquité, les médecins égyptiens les utilisaient comme laxatif ou anti-inflammatoire des voies urinaires. En Inde et en Chine, elles soignaient différentes affections comme les diarrhées, les constipations, les hémorroïdes ou l’hypertension. Au Moyen-Age, Hildegarde de Bingen, religieuse allemande et docteur de l’Eglise, donnait du psyllium aux malades afin de réguler leur transit digestif. De nos jours, elles sont toujours préconisées pour prévenir ou soulager de nombreux maux.

Les propriétés thérapeutiques du psyllium

La poudre de graines de psyllium, par voie orale, est indiquée dans le traitement de la constipation occasionnelle ou chronique. Elle est aussi conseillée en cas d’hypercholestérolémie et d’hyperglycémie (diabète de type 2) car elle diminue les taux de cholestérol et de glucose dans le sang.

Le psyllium a tout d’une belle plante « normalisante » ! Il régule le transit, absorbe l’eau, au niveau de la paroi intestinale en cas de constipation mais aussi celle contenue dans les selles en cas de diarrhée. Il agit sur certaines constantes biologiques et permet d’en limiter l’impact physiologique. Plusieurs études cliniques prouvent que le psyllium diminue la pression artérielle chez les hypertendus et chez les personnes en surpoids. Il est donc intéressant d’en prendre en prévention des maladies cardio-vasculaires.

De nos jours, de nombreuses pathologies inflammatoires chroniques touchent le système digestif, notamment l’intestin et le colon, entrainant un ensemble de symptômes douloureux et éprouvants. Le psyllium est conseillé aux patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable ou de colite ulcéreuse.

En complément d’une alimentation saine et équilibrée, il est un allié incontournable des régimes amaigrissants. Sa faculté de former un « gel mucilagineux » au contact de l’eau permet d’induire une sensation de satiété sans apporter de calories.

Par voie locale, le gel de psyllium, appliqué sur la peau ou le cuir chevelu, apaise les démangeaisons, les irritations et les brûlures légères. Il permet la cicatrisation de petites lésions cutanées. Il est aussi conseillé, en cosmétologie, afin d’unifier le teint et d’en atténuer les rougeurs.

Les principes actifs du psyllium

En phytothérapie, les parties utilisées du psyllium sont la graine et son enveloppe (tégument). Elles sont riches en fibres solubles (mucilages) mais contiennent, aussi, des fibres insolubles (cellulose, lignine). Les fibres ne peuvent pas être digérées par l’homme ; après ingestion, elles se retrouvent peu dégradées dans le tube digestif au sein duquel elles ont des activités très spécifiques.

Les fibres solubles réduisent les taux sanguins de cholestérol et de sucre en diminuant leur absorption. Elles régulent le transit et ramollissement la consistance des selles. Elles sont des prébiotiques ce qui signifie qu’elles servent « d’aliment » à la flore intestinale ou microbiote.

Les fibres insolubles ont une forte affinité avec l’eau dans laquelle elles ne sont pas solubles. A son contact, elles gonflent et agissent en tant que laxatif de lest (constipation) ou absorbent l’eau des selles (diarrhée). Leur consommation serait intéressante dans la prévention de certains cancers du tube digestif.

Le psyllium et les autorités de santé internationales

La Commission E (conseil consultatif scientifique allemand) reconnait l’usage du psyllium pour traiter la constipation chronique et le syndrome du côlon irritable. Elle le conseille afin de faciliter le transit et de ramollir les selles en cas de grossesse, d’hémorroïdes ou de fissures anales.

L’ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytothérapy) le préconise pour traiter la constipation chronique, le syndrome du côlon irritable mais aussi l’hypercholestérolémie.

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ajoute à toutes ces indications la réduction de la glycémie et la prévention des maladies cardio-vasculaires.

Il en est de même au Danemark avec la Danish Medicines Agency, aux USA avec la FDA (Food and Drug administration) ainsi qu’au Canada.

Les précautions d’emploi du psyllium

Par mesure de précaution, il est conseillé de consommer du psyllium loin de la prise de médicaments (délai d’au moins 2 heures) et de boire, simultanément, un grand verre d’eau.

Contrairement aux laxatifs naturels contenant des dérivés anthracéniques tels que le séné, la bourdaine ou le cascara, le psyllium n’est pas irritant pour les muqueuses, bien au contraire ! Il peut être conseillé aux enfants et aux femmes enceintes avec une posologie adaptée.

Un avis médical est vivement recommandé pour tous les patients allergiques, diabétiques, asthmatiques et ceux prenant des statines (hypocholestérolémiants). Il est contre-indiqué en cas de rétrécissement (sténose) ou d’obstruction (occlusion, fécalome) du tube digestif.

 

Photo Pascale IMBERT
Pascale Gélis Imbert est docteur en pharmacie spécialisée en phytothérapie et aromathérapie depuis plus de 20 ans. Elle est enseignante, membre du comité scientifique de l’Observatoire des Médecines Non Conventionnelles à la faculté de médecine de Nice, experte auprès d’entreprises et auteure d’ouvrages sur les plantes et les huiles essentielles. Son site : www.epiphyt.com

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